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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 00:56

Partie 3 (sur 5 je pense)

Quelle triste interview...

 

                Vous ne voulez absolument pas tricher. Et donc vous ne voulez pas faire attention à votre gorge.

Kyo : Je ne veux pas tricher, je ne veux pas de compromis. A part la musique, je suis par nature quelqu’un de bon à rien. A l’époque, je me préparais au pire ! A me dire : « Sans la musique, c’est terminé pour toi ! ». Et donc en réponse, j’ai eu cette avidité sans borne, cette pureté. Je pense souvent en moi : « c’est digne de toi ça ? ». Sans ça, je suis vraiment un bon à rien sinon. [Bout de phrase pas compris].

 

                Lors de notre interview, l’année dernière, vous m’aviez dit avoir quelques conflits intérieurs à propos du fait que vous pensiez être trop égoïste, et que c’était une disgrâce à vos yeux.

Kyo : Oui, je suis en conflit avec moi-même, constamment. En dehors de la musique, je suis quelqu’un de vraiment irrattrapable, donc oui, je suis toujours en conflit avec moi-même. Mais aujourd’hui, je n’ai plus le temps de penser à tout ça. Ce désir de m’exprimer est en train de se manifester de plus en plus fort. Je ne pense qu’à comment je vais pouvoir mettre en forme ce que j’estime devoir exprimer.

 

                Mais, vous allez plus que jamais tout droit vers le surmenage physique et mental.

Kyo : Oui…. En effet.

 

                En voyant le concert à l’AX, je n’ai pas trouvé que vous ayez l’air abattu du tout, à cause de cette situation. Ni que vous étiez en train de souffrir à cause de votre gorge. Bien au contraire, j’ai trouvé la prestation meilleure que jamais.

Kyo : oui (haha)

 

                Et c’est l’image que je m’étais faite de vous, je crois. Que vous êtes du genre à ne pas vous arrêter sur le fait que votre voix se brise, que vous faites juste ce qui vous plait.

Kyo : C’est tout à fait ça.

 

                J’espérais que vous n’alliez pas vous résigner, mais après cette discussion je comprends que ce n’est juste que le début, avec ce désir d’expression. Sans compter sur le fait que vous êtes saturé (de projets personnels).

Kyo : C’est parce qu’il a tellement de choses que j’ai envie de faire, ça devient compliqué. J’ai pas assez de temps. Même pendant ma période de repos, je n’ai pas eu assez de temps. C’est pour ça que j’ai pris soin de mener une vie bien réglée. Levé tous les matins autour de 7h, faire du sport. Quand on mène une vie saine, on a bien plus de temps devant soi. Mes cycles et mon rythme sont mieux réglés. J’évitais de sortir boire des verres, et de faire tout ce qui était mauvais pour le corps.

 

                Vous vous êtes imposé cette vie d’ascète pour mieux vous plonger dans ce qu’est l’expression ?

Kyo : Non, j’aurais pu tout simplement me reposer, mais comme je vous l’ai dit tout à l’heure, j’ai cette petite voix dans ma tête, et elle ne me l’autorisait pas : « quoi… tu te reposes ?  tu ne peux pas utiliser ta voix en ce moment donc tu vas rester à dormir ? ». « Ca te convient ? un jour passe si vite ». Et ça…. C’était juste pas possible (rires).

 

                Cet autre « vous », dans votre tête, est vraiment quelqu’un de sévère on dirait (rires).

Kyo : Il est sévère (rires). Et ensuite, quand j’ai retrouvé mes forces, ce n’était aucunement mon intention de me montrer plus fort qu’avant. Il y a juste tellement de choses que je veux faire. C’est tout. Mais c’est bizarre, quand j’étais jeune, les journées me semblaient souvent longues. Et maintenant que j’ai pris de l’âge, j’ai l’impression que je n’ai pas assez de temps. Les moments passés de façon futiles sont du temps gâché, je trouve. Et j’ai des remords.

 

                Ce changement dans votre façon de voir les choses, c’est la preuve qu’une certaine pensée devient de plus en plus forte, la pensée que vous prenez de l’âge, et qu’avec votre gorge défaillante, vous vous demandez jusqu’à quand vous allez pouvoir continuer à faire ce que vous voulez.

Kyo : Oui, en effet.

 

                En d’autres termes, c’est un peu sentir venir votre propre fin, non ?

Kyo : Bien entendu que j’y pense. Ne serait-ce qu’avec le groupe… encore combien d’album on va pouvoir sortir ? Même si on a envie de faire telle ou telle chose, on ne sait jamais pour encore combien de temps on aura les conditions idéales pour le faire, jusqu’où on va pouvoir poursuivre ce but… ? Oui, je pense à tout ça.

 

                Cet autre vous, c’est un peu lui qui porte ce sentiment d’urgence, non ?

Kyo : Oui… mais la raison principale, c’est bien le fait que sans l’expression, je ne suis qu’un bon à rien. Et je veux  m’y lancer de la façon la plus pure. Je crois que c’est ça le plus essentiel. J’ai plus que jamais envie de protéger ça, de chérir ça. Je veux créer quelque chose sans concession, avec un rythme de vie équilibré. Si je ne fais pas ça, alors je serai réellement un bon à rien.

 

                Si vous étiez vraiment un bon à rien, vous ne mèneriez même pas une vie où il faut se lever à 7h du matin afin de faire ce qui vous fait envie.

Kyo : Non… Au moins une chose ! Et pas pour qu’on me félicite, mais je voudrais au moins une chose avec laquelle je peux avoir cette pureté en moi. Sans ça, je ne pourrais pas me pardonner ce que je suis.

 

                Ne pas pouvoir vous pardonner vous dites… ? Qu’est-ce qui est si mal chez vous ?

Kyo : L’humain… l’humain en dehors de « Kyo », cet humain est vraiment irrécupérable. Par exemple, je ne fais que blesser la moindre personne que je chéri. Rien que pour ça, je suis quelqu’un de mauvais. Je ne suis même pas capable de prendre soin d’une personne qui compte pour moi. Et c’est pour ça que je pense que je suis quelqu’un d’horrible.

 

                Vous vous blâmez tout seul pour ce genre de chose.

Kyo : Oui… oui, c’est vrai. Mais encore heureux que je me blâme moi-même. Si je pensais que ce n’était pas grave, alors tout irait bien, mais je ne peux pas penser ça. Je pense que je ne suis pas quelqu’un de bien. Et si jamais je prends une attitude de défiance, alors là ce sera la fin. Je ne veux pas tomber aussi bas.

 

                Kyo… vous avez un idéal assez élevé. Vous avez en vous une image parfaite de ce qu’il faut être en tant que personne. Et vous vous trouvez, haletant, dans ce fossé entre cette personne idéale et la personne que vous êtes dans votre tête.

Kyo : En effet. J’ai toujours eu un modèle. On peut dire que je suis à la recherche du moi idéal, ou que j’essaye de m’en approcher. Même si cela me prend des années, j’ai envie d’y arriver. Chaque pas compte. Et je veux m’approcher de cet idéal en tant que personne, mais aussi en tant qu’artiste qui s’exprime. Je n’ai pas envie d’abandonner, pour aucun des deux.

 

                Autrement dit, ces deux personnes sont les deux faces d’une même médaille. Vous ne pouvez pas être seulement celui qui s’exprime, ni être seulement l’autre facette. Vous ne pouvez pas vous bâtir sur une seule de ces deux personnalités. Un de vous est mauvais, donc vous voulez devenir pur via l’autre personnalité, et en voulant être pur, vous prenez compte de votre côté mauvais.

Kyo : En… effet. Et on peut penser que par cette facette mauvaise, l’expression prend vie. Mais je n’ai pas envie de prendre conscience d’un tel mécanisme. Je n’ai pas envie de me pardonner en utilisant ça. Je préfère rester en conflit permanant avec moi-même.

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Published by Koto - dans Dir en grey
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