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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 17:03

Voici l'interview complète de Kyo, tiré du CD&DATA d'Août 2011.

Je vais aussi faire les autres membres du groupe... parce que là ce blog se transforme en ode à Kyo...

 

 

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              Vous venez de terminer votre dernier album, pouvez-vous nous livrer nos premières impressions ?

Kyo : Difficile… On est comme dans une sorte de torpeur… On ne mesure pas encore vraiment ce qu’on vient de créer. Mais… On a voulu aller dans une certaine direction, sans s’encombrer de choses inutiles. Plus que jamais, nous avions envie de composer de façon pure et naturelle. Donc, à vouloir produire quelque chose qui était vraiment nous, il fallait au contraire ne pas forcément le faire de façon consciente, pour réussir à avoir un truc aussi tordu (rires). On est vraiment dedans. Objectivement, je pense qu’on a réussi à aller au-delà d’Uroboros.

 

                Vous avez l’impression que c’est « tordu » ? (rires)

Kyo : Oui j’ai cette sensation. Je n’aime pas classer la musique dans des genres, mais si on devait me demander quel genre c’était, je serais bien embêter pour répondre. Et si nous on pense déjà que c’est assez tordu, alors les gens normaux doivent penser que c’est vraiment tordu. Les hommes n’ont pas forcément l’esprit de travers, mais les membres de Dir en grey sont pour la plupart légèrement bizarres (rires). Il faut dire que depuis le début, on ne fait pas des choses très faciles à accepter. On fait presque que des choses que les gens pourraient détester en fait (rires). Par exemple, à la base je suis pas du tout friand des accords majeurs. La dernière fois, je suis allé voir le groupe d’un ami en concert. On est vraiment à l’opposé d’eux. Ils ont beaucoup de morceaux assez joyeux, et j’ai trouvé ça assez cool qu’ils arrivent à bâtir un live sur ce genre d’univers. Mais j’ai eu une réaction de rejet physique assez fort, j’en ai eu la chair de poule dès que l’accord a raisonné : « Jaaann ! » dans la salle (rires). J’ai toujours détesté ça, et ça a finit par me devenir insupportable. Et pareil pour les paroles, (dans le monde) il y a déjà pas mal de choses qui appellent à aller de l’avant, n’est-ce pas ? Surtout en ce moment, avec leur fameux « Redoublons d’efforts ensemble ! ». Mais il y a déjà plein de choses que l’on peut faire en tant qu’individu, avant d’agir en tant que groupe de personnes. Je suis du genre à penser qu’on peut faire avancer les choses par soi même. D’ailleurs, on n’évoque pas beaucoup les choses joyeuses et les instants de bonheur, mais les points négatifs et les chocs rencontrés sont les épreuves qui nous font devenir des humains bien plus forts, une fois qu’elles sont surpassées. C’est pourquoi, personnellement, les messages transmis sont tout l’opposé (d’un esprit positif). Et de ce point de vue, tout ce qu’on voit, tout ce qui nait prend une ampleur bien plus grande. Dès lors que j’ai accepté cette façon de voir, je l’ai appliqué à tout… ma musique, ma façon de chanter, mes paroles, ma façon de m’exprimer différente de celle des autres. Et pour nous, c’est devenu une chose naturelle, et bien huilée dans la façon de prodéder (rires).

 

                C’est une impression partagée par tous les membres du groupe alors. D’ailleurs, dans cet album, on ressent des choses tout à fait différentes par rapport à Uroboros. Et cela est vrai également au niveau du chant, où celui-ci part, en quelque sorte, du haut vers le bas, de gauche à droite…  L’étendue vocale est bien plus grande qu’avant.

Kyo : J’ai un certain idéal en tant que chanteur. Et j’ai l’impression de m’en être approché pour cet album. Je pense que j’ai réussi à m’approcher du résultat final que j’attendais. C’est pourquoi… je me dis que j’ai réussi à lui donner une belle forme. J’ai pris conscience de chaque possibilité que m’offrait ma voix. Je voudrais que chacun de ces éléments qui la composent atteignent un niveau optimal. Pour le moment, je pense que je n’y suis pas encore. Cependant, je pense que j’ai réussi à donner une parfaite signature vocale à cet album, grâce au style vocal que j’ai réussi à atteindre, qui n’imite personne d’autre. On peut se dire « Ca, c’est Kyo de DIr en grey ».

 

                Je vois. Mais, pouvez-vous nous parler un peu du contexte dans lequel a pu être produit un résultat autant hors norme ?

Kyo : Ca vient d’un caprice (rires). D’abord, j’écoute un morceau et ensuite je travaille les images que j’ai eues en tête, pendant l’écoute. Mais là, je voulais commencer à chanter tout en écoutant la musique, alors que je n’avais pas encore réalisé une seule écoute en entier, et que je ne savais même pas où cela allait me mener. Et de la sorte, à peu près 70% de ce que j’ai réalisé s’est retrouvé tel quel dans l’album. Et ces parties qu’on a choisi de garder sont assez intéressantes, peut être parce que j’étais d’un tempérament assez violent, ou alors est-ce du à mon esprit un peu tordu ? En tout cas, je trouve intéressant cet assemblage de paroles, de mélodie et de voix. En ce qui concerne les paroles, en temps normal je me fige quand une direction unique, celle que je vois. Mais comme je ne me plie à aucune règle,  j’ai décidé de considérer les choses sous plusieurs angles différents. Par exemple, j’ai introduit des points de vue opposés, et je les ai mélangé aux miens. C’est pour ça qu’au premier abord, on ne comprend pas grand-chose. Mais en solidifiant cette base (à l’aide de l’utilisation de différentes voix), on en arrive à ce résultat final.

 

                En fait, il y a bien des outils pour aider à exprimer l’univers contenu dans des paroles. Et y-a-t-il dans la façon d’écrire une constante tout le long de l’album ?

Kyo : Cela date déjà d’avant, « la douleur » est le concept que je ne veux absolument jamais quitter. C’est bien plus dur à comprendre, et plus profond que ce que j’ai pu écrire jusque là. Mais une fois la lecture terminée, quelque chose reste… presque comme une image qui représenterait une sensation. En tout cas, c’est ce que j’ai voulu faire. Je n’écris que ce que j’ai envie d’écrire, tout simplement. Après avoir écouté le morceau, j’essaye de retranscrire l’image qui m’est apparue. Mais le but n’est pas que les gens arrivent à voir exactement la même image que moi. Ils peuvent voir autre chose, et c’est tout aussi valable. Et j’espère même qu’ils pourront expérimenter cette sensation personnelle.

 

                Et je suis tout à fait d’accord. Il n’appartient qu’à chacun de lui donner une signification qui lui est propre.

Kyo : C’est comme un marais mais bien plus profond et bien plus sombre qu’il n’y parait. J’aime beaucoup la jaquette, elle est très proche de l’univers de l’album. Par exemple, si on regarde bien, on peut voir qu’il y a un ciel. Il y a quelque chose d’intéressant.

 

                  Si on devait résumer les paroles de DUM SPIRO SPERO ?

Kyo : Le vide intérieur, la tristesse, la colère, il y a beaucoup de concepts qui s’entremêlent. Je pense que cela représente bien l’humanité, elle englobe tous ces sentiments. Et moi aussi je les ressens ces sentiments. L’humain a en lui quelque chose de sale, mais aussi des rêves. Et on essaye souvent de garder pour soi ces mauvais côtés, n’est-ce pas ? Mais qu’on en ait pleinement conscience ou qu’on décide de les occulter, ces penchants sont quand même là. J’essaye de corriger ces mauvais sentiments aussi. Honnêtement, c’est parce que moi aussi je suis imparfait, que j’écris ces choses négatives. Pour m’en débarrasser.

 

                Vous vous sentez investi de cette mission ?

Kyo : Non, ça n’a rien à voir avec une mission…. Je suis juste maso (rires). Quand je lis ces paroles, ça me fait du mal. Et je suis bien trop impliqué dans ce monde pour pouvoir m’en sortir. Il y a des soirs où je ne veux même pas les chanter lors d’un concert. D’ordinaire, je ne peux pas supporter mes propres textes. Personne ne me surveille, mais on me dit quand même que je ne dois pas oublier mes paroles. Mais j’ai envie de croire que si j’arrive à surmonter cette réticence, j’arriverai à voir que mes paroles contiennent une lumière jusque là insoupçonnée. Je veux penser d’abord aux autres avant de penser à moi-même… Et rien que ça. Que ce soit qu’une personne, ou plusieurs, si quelqu’un arrive à sentir quelque chose en lisant mes paroles, alors j’en serai heureux.

 

                MEMBERS PLAY REMIX – DECAYED CROW

Kyo : Au début, l’idée était de faire un remix, mais on a finalement décidé de le faire nous 5, chacun à notre manière. Ce morceau est vraiment violent, au sein de cet album, c’est bien la partie la plus noire…. Enfin, plutôt que le qualifier de « sombre », je dirais qu’il me ressemble bien. J’y ai inclues toutes sortes de directions différentes, mais la façon de s’exprimer est bien la même. Pour faire simple, c’est un peu dans l’esprit d’Agitated screams of maggots version unplugged.

               

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Published by Koto - dans Dir en grey
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commentaires

Pochi 05/08/2011 10:19


Merci pour toutes ces traductions, je ne mets pas souvent de commentaires (et je m'en excuse) mais je suis avec attention tout ce que tu publies !

C'est interessant de voir comment il explique ça façon de chanter et surtout de savoir qu'il a presque réussi à atteindre "l'objectif vocal" qu'il s'est fixé


Koto 05/08/2011 12:20



t'inquiète pas pour les commentaires, c'est pas grace :) le principal c'est que ce soit lu par quelqu'un


J'ai essayé de bien me concentrer pour bien traduire cette partie, car il peut paraitre un peu prétentieux si je choisis mal mes mots... :/



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