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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 23:27
J'ai finiiiiiii! Bon ok j'ai encore les 4 autres à faire...

Je trouve que Kyo se défend pas mal contre les gens un peu retro qui jurent que par ce qu'ils faisaient 10 ans plus tôt. 
Enfin je suis très contente de cette interview, je trouve les propos de Kyo très intéressants.




PARTIE II
---KYO---


J’ai écouté de façon un peu décousue votre nouveau single pendant le concert et dans le bus, et je me suis dis que ce n’était pas tellement qu’il était dur à classer dans un genre musical, mais plutôt que vous aviez brisé toutes les règles établies auparavant.

Kyô : Oui absolument, je ne suis pas attiré par les groupes qui n’évoluent pas, soi-disant parce qu’ils seraient heavy… mais au final ils sont tous pareil. Je ne parle pas que de la musique, leur façon de bouger sur scène aussi est similaire. C’est pour ça que je n’ai pas envie qu’on nous classe dans la même catégorie, et ça serait vraiment très ennuyant de mon point de vue. J’ai donc envie de très vite briser tout cela et m’en sortir. En vérité j’ai écouté récemment ce genre de groupes venant des US, je pense qu’ils sont pas mal, mais je ne me suis pas du tout dit " ah c’est nouveau ! ! ". Rien de surprenant.

On peut voir se dessiner un concept autant dans le groupe que dans la musique.

Kyô : Oui c’est ça. Même quand on écoute nos propres morceaux on se dit " ah la prochaine fois on fera comme ceci ou cela… ? ", et en concert aussi on joue souvent selon notre inspiration du moment. C’est pourquoi je pense que nous sommes encore en train de construire les couleurs qui composent Dir en grey du mieux qu’on peut pour se rapprocher le plus possible de ce qu’est Dir en grey. Sans ça il n’y aurait aucun sens à continuer.

Autrement dit pour TMOAB, pour étendre vos possibilités vous vous êtes mis au défi de faire ressortir clairement ces couleurs ainsi tout ce qui vous enfermait ?

Kyô : oui c’est ce que je me dis. A ce propos c’est quelque chose qui voulait déjà sortir à l’époque de Kisou. Enfin je crois (rires).

Bien sûr ! Pour en revenir à la tournée, quels souvenirs gardez-vous de celle faite au Japon entre deux tournées US ?

Kyô : Il n’y pas grand chose qui ai vraiment changé, mais il y a une chose que je me suis dis c’est que je n’étais pas comblé. Au niveau de l’encadrement etc.… Bien au contraire, je n’ai pas aimé. Comme je le disais tout à l’heure, mon estime de moi même ainsi que celle du groupe est plutôt basse. Or on a pu faire notre tournée entourés d’une atmosphère très polie, très respectueuse, et je pense que ca n’était pas mérité. Il y avait beaucoup de dates non complètes. Je ne place pas les US comme une référence mais j’aimerais pouvoir faire ce que je veux comme partir en expédition une journée, et si je le veux me briser la voix. Ca serait au contraire plutôt excitant (rires). Par conséquent, plus on m’emprisonne et plus j’ai envie de passer mes journées comme je l’entends. Mais chacun sa façon de penser je présume.

En plus celui qui doit le plus prendre soin de sa condition physique c’est bien vous Kyô san, en vous reposant un peu.

Kyô : Oui (rires). Mais en fait… je déteste avoir trop de temps libre. Il y a une grande différence entre les cris de quelqu’un qui a eu le temps de prendre du recul dans ses sentiments, et quelqu’un qui est au fond. La résonance est différente. Une fois j’ai eu l’occasion de voir le concert d’un groupe hardcore d’un pays extrêmement pauvre. Les gamins avaient entre 13 et 14 ans, ils avaient leur guitare et les cheveux en l’air, et ils criaient. C’était vraiment pénible pour eux. Les cordes de leurs instruments n’étaient probablement pas changées, leur musique était assez peu travaillée mais leur cris étaient vraiment prenants. Alors que quelqu’un qui prends plus de recul aura un résultat vraiment tout autre, ca prend une autre dimension. Je ne veux critiquer personne bien entendu, si cette façon de faire convient à ce genre de personne alors tant mieux. Mais en ce qui me concerne, c’est quelque chose que je n’aime pas tellement. Je me dis que je ne suis pas encore arrivé au bout.

Mais il doit être important de prendre conscience du poids de l’influence. En fonction des situations il ne s’agit pas que de pousser un cri sur le moment, mais il y a aussi des fois ou il doit être important d’offrir un moment de qualité bien réglé.

Kyô : Des gens fonctionnent comme ça. Mais au final pour moi rien n’a vraiment changé dans le fait que je veuille jouer dans mon groupe. Je veux apporter quelque chose, j’ai commencé ce groupe en ayant la volonté de vouloir faire quelque chose de bon. Et aujourd’hui encore j’ai la même envie. Et étant porté par cette envie, je continue de me dire que je dois trouver mes futur Moi.

[question vague, MAIS réponse claire dont ça roule ^ ^ il compare la façon de faire une tournée au US et au Japon ]

Kyô : Oui, déjà au Japon un tel emploi du temps est tout à fait impossible. Bien sûr le pays étant différent la culture l’est aussi, et puis la taille du territoire est carrément plus grande alors on a pas eu le choix ! (rires). Mais par exemple si on fait une tournée du même style que les Deftones, c’est à dire un concert par jour, alors je pense qu’on répondrait que c’est trop fastidieux et on refuserait. Alors qu’en fait on a bien réussi à le faire au final ! et puis le temps de notre représentation était court. Si on a réussi pour cette fois, alors on peut bien le refaire une deuxième fois. On n’a plus de raison de refuser. C’est vrai qu’on dit souvent que pour le chanteur et le batteur c’est plus dur physiquement que pour les autres instruments. Mais on s’est dit " et alors ? " (rires). Et on a fini sur ces mots là.

Après avoir relevé ce défi, vous partez sur de nouvelles bases. Et ca va de paire avec l’évolution directe que vous vivez en ce moment.

Kyô : Oui, bien sûr à moins qu’un des membres du groupe s’y oppose. Sauf quand c’est moi qui sur le plan physique a du mal a suivre, j’y vais tout de même. Même quand je vais pas bien, quand ma voix n’arrive pas à sortir, et que je suis effondré. Ce n’est pas la qualité du chant ou non qui décide si la prestation était bonne ou non. Après je sais pas ce qu’espèrent les gens qui viennent nous voir mais je ne cherche pas à bien chanter, je veux rentrer assez vite dans quelque chose de plus émotionnel. Je veux jouer sur ce terrain. Si a un moment ma voix ne peut plus sortir, alors j’ai toujours un autre moyen de m’exprimer, et je me rattrape comme cela. On peut se dire que je fais " ce que je veux ". Que ce soit sur une semaine ou plus.

En ce qui concerne le Japon, vous avez accumulé pas mal de choses durant ces 10 années et vous devez coûte que coûte assurer une qualité de travail, mais bizarrement cela implique aussi d’avoir une certaine splendeur, un éclat.

Kyô : Je n’aime pas tellement les groupes qui en font des tonnes (rires). Quand j’achète un CD je m’attendrais à retrouver l’esprit de base du groupe, et pourtant il y a plein de choses superflues inclues et ca perd souvent tout son charme. J’imagine que " un concert super préparé " ça doit être bien mais il y a plein de groupes géniaux qui se contentent de leur corps, de leur instruments et d’un minimum de lumières. En arrivant à trouver un juste milieu on n’a pas forcement besoin de se décider entre un extrême et un autre. Si on décide de faire simple la fois d’après alors faisons le ! Il faut juste le faire comme on le sent sur le moment. Le faire parce qu’on a été payé… je n’adhère pas à ce concept. Peut être que les fans se disent qu’on ne pense pas comme des pros.

Ou alors que vous leur en donnez pas pour leur argent (rires) (*le mot japonais est " service ", dans son sens commerçant*). Enfin un groupe de rock ne fait pas dans le spectaculaire.

Kyô : Oui c’est vrai. Au final ça va dans ce sens…. Pour être franc on ne se considère toujours pas comme des pros. Oui bien sûr on est payé mais bon (rires). Si on l’était on serait plus fermes (rires). Et on donnerait aussi dans le spectacle, et on refuserait de faire des concerts pendant une semaine. Pour pouvoir promouvoir tout le temps les mêmes produits.

En fait ça n’a rien à voir avec se donner à 100% ou non, vous vous investissez de façon égale dans tous ce qui est utile.

Kyô : Oui. En fait je suis plutôt du genre à faire des vagues, et par conséquent le niveau monte pas mal en concert. Je n’aime pas quand ce n’est pas le cas. Pourtant je pense qu’on manque d’un sens du spectacle, on a même pas conscience d’être professionnel ! Au final on a gardé le même état d’esprit que quand on a débuté. il aurait du changer après être passé pro (rires). En plus d’habitude je m’aventure pas à m’expliquer sur ça. Mais bon… si les gens ont m’a mal compris tant pis, j’y peux rien.

Est-ce que c’est pas mieux d’être mal compris plutôt que de s’expliquer sur les choses une par une ?

Kyô : Non, j’ai horreur des malentendus (rires). Je pourrais très bien mal comprendre, ou au contraire quelqu’un pourrait mal comprendre ce que je viens de dire.

En parlant de ca, vous avez en quelque sorte déclaré " ne pas aimer aller à l’étranger " (rires). Je crois qu’il y doit y avoir beaucoup de fans qui se disent que faire la tournée doit être pénible pour vous. Je vous le demande directement… Est-ce que c’est vraiment pénible ?

Kyô : Je n’aime pas ça (rires). Mais bon à la base je suis du genre à ne pas trop sortir de chez moi. Même au Japon. En dehors de chez moi ou la maison familiale, je n’aime pas grand chose (rires). Alors c’est pour ça que même quand je suis à l’étranger, il n’y a pas grand changement ! (rires). Et puis quand on est à l’étranger, la langue pose problème, la nourriture me convient pas, et il y a des coutumes différentes. Et je suis pas du genre à donner facilement ma confiance aux autres. Mais… au bout de deux mois je commence à m’y faire, maintenant (rires).

Depuis que vous allez à l’étranger ; beaucoup s’accordent à dire que vous êtes plus ouvert. Au point que vous soyez assez décontracté pour pouvoir dire " I love you " à votre public !

Kyô : Je n’essayerais de faire ça que au Japon ! de dire " je t’aime " (rires). Si je le faisais ca serait pas vraiment marrant non ? (rires). Mais je crois pas avoir affirmer vouloir faire un traitement de faveur parce que c’est l’occident. Parce que je crois que c ‘est encore le Japon qui nous comprend. Les fans en Europe viennent nous voir avec à l’esprit notre ancienne image. Quand c’est la première fois qu’on vient c’est normal. Mais les fans qui comprennent le " nous " actuel sont évidemment les plus importants.

Par exemple, comme les fans qui ont attendus de longues années que Dir en grey vienne. Ils viennent avec des idées préconçues. Alors que au WACKEN OPEN AIR, le public ne savait presque rien du groupe et ils ont donc ressenti le concept présent seulement.

Kyô : Oui. On était dans une situation clairement différente des autres groupes. Il y avait aussi des japonais venu nous voir, mais on nous voyaient aussi d’un autre œil. Si ces gens on vraiment écouté notre musique, alors on a du réussir à véhiculer notre message.

Honnêtement, c’est un succès assez exceptionnel, avec des gens venu pour écouter votre musique et rien d’autre.

Kyô : Oui. En ce sens, c’est plus facile à faire que les festivals au Japon (rires). Par exemple il y a l’image qui colle beaucoup trop. Cependant au moins je n’ai pas l’impression de jouer au terrain ennemi. Je me dis que ça doit être difficile de finir par aimer quelque chose qu’on déteste. On a du mal a juger cette chose de façon neutre. Au final si sur 100 personnes il y a quelques unes qui arrive a voir d’un œil pur le " nous " au présent, et qu’ils aiment, alors je suis heureux. Je n’ai jamais cherché à plaire à la couche de fans.

A l’étranger, certains vous regardent avec un intérêt profond pour ce que vous faites. En effet il y a encore des gens qui utilisent le mot " visual kei " pour vous mais bon… en même temps on vous voit aussi comme un groupe métal propre sur vous même (rires). Alors que les groupes du même type se ressemblent au niveau de l’image, de l’apparence, Dir en grey est au milieu de tout ça et se détache du lot.

Kyô : En effet ! C’est marrant. Et on me demande souvent pourquoi on ne met plus de maquillage. En vérité moi aussi avant je n’aimais pas trop les groupes qui progressivement ne mettaient plus de maquillage et normalisaient leur habits. Pourquoi ? parce que je voyais cela comme un moyen de retourner vers un chemin plus ordinaire. Même la musique devenait plus pop. Mais en ce qui me concerne c’est différent. Je voulais utiliser mon corps uniquement pour mieux pousser ma voix. Quand je me maquillais, et je portais de somptueux vêtements, mon souffle était un peu bizarre (rires). De toute façon je ne recherche plus ce genre de chose. Si je me maquillais et qu’après je m’exprimais avec tout mon corps, ca ferait un peu de trop. Justement ça sonnerait un peu faux.

Ca ferait un peu comme si vous étiez en pleine représentation théâtrale n’est-ce pas ?

Kyô : Oui, et je n’aime pas cette idée. J’ai évidemment envie de m’exprimer de façon réaliste.

Ah oui je comprends. La façon d’être de Dir en grey et sa musique sont en parfait accord. Sinon, vous n’avez pas envie d’effacer votre passé ou de sceller certains éléments de celui-ci ?

Kyô : Non. C’est vrai qu’il y a des périodes de ma carrière dont je ne suis pas fan (rires), mais je ne peux pas dire que je déteste tous nos anciens morceaux, ni que j’ai eu envie de couper le lien avec les anciens fans. Il n’y a aucune contrainte, mais ça serait intéressant si ils pouvaient porter leur attention sur les mêmes points que nous. Et puis la dernière fois on a bien joué " ain’t afraid to die ". Comme on avait envie de la refaire, on l’a refaite, tout simplement. Bizarrement certains semblent croire qu’il y a des morceaux qu’on ne joue que dans de grandes salles ou que en petit comité, mais ce n’était pas du tout notre attention de base. Si on a envie de faire un morceau, c’est quand on veut, et où on veut. Ca doit être des morceaux " qui rentrent dans ce qu’on a envie d’exprimer sur ce moment précis ". Il y a beaucoup de morceaux que j’ai envie de chanter, mais il y a aussi des morceaux qui n’ont pas forcement à être rejoués dans l’état actuel des choses (rires). En fait, ils sont tous connectés les uns aux autres. Les chansons qu’on veut jouer, celles qui ont une lueur sombre, celles dont l’image est noir et qu’on ne voit pas bien nos visages ( ? ?) (rires). Toutes ces chansons sont nos moyens pour exprimer notre vision du monde comme on l’entend en ce moment.

On peut donc dire que toutes vos futurs créations vont entraîner une envie de faire des concerts où la façon de voir le monde sera très directe et brute.

Kyô : Oui c’est vrai.

En même temps, je me demande à quoi ressemblerait tous ce que vous avez fait jusque là si on leur appliquait l’atmosphère de TMOAB. Et a ce sujet, les concerts faits en extérieurs à l’occasion de festival en Europe ont une toute autre atmosphère n’est-ce pas ? Je me demande ce que cela donnerait si ils étaient fait en intérieur.

Kyô : hahahaha ! C’est vrai… Mais bon c’est un peu dur à imaginer (rires). Mais pour reparler une dernière fois des " anciens morceaux ", bon c’est une opinion personnelle mais il y en a beaucoup que j’aimerais ré-enregistrer. Et sur ce point là certains membre du groupe pourraient s’y opposer. Mais j’aimerais mieux les refaire. Parce que j’ai envie de me surprendre moi même. J’ai envie de me dire " aah, le Dir en grey d’aujourd’hui fait ce morceau de cette façon maintenant… ". En vérité on nous demande beaucoup de sortir nos anciens album à l’étranger, mais ça serait bien aussi qu’on sorte un cd avec les nouvelles versions des vieilles chansons qu’on aurait envie de retravailler. Je n’ai pas du tout envie de sortir une collection de single du style " Best of ". Parce que je ne pense pas que ce sera notre meilleur travail.

Ca ressemble un peu à un retour en arrière de retravailler de vieilles chansons. Et ceux qui font ça sont ceux qui ont réussi à achever ce qu’ils voulaient faire de leur présent. Au fil de notre conversation, nous avons parlé de plein de choses qui prêtent à réfléchir. Et j’espère que cela fera penser également ceux qui ont lu cette interview.

Kyô : Oui. Parmi les fans certains se disent "ils ne vont que à l’étranger, c’est nul ! " ou plus simplement ils s’en attristent. Mais moi j’aimerais qu’ils soient fiers. J’aimerais qu’ils se disent " ah Dir en grey sont arrivés jusque là ! "



Désolée pour les maladresses en français U_U

-koto-

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Published by Koto - dans Dir en grey
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